Les carnettistes, artistes en banlieue

Sous la houlette de l’association « Les carnettistes tribulants », vingt artistes sont partis à la découverte de la banlieue parisienne. Pour composer au final un superbe ouvrage, Banlieue nomade, posant un regard autre sur la prétendue « grisaille quotidienne ».

 

 

 

“ La banlieue, nous savions qu’elle était sans gloire, méprisée des parisiens qui n’en connaissent que les bretelles d’autoroute, et mésestimée de ceux mêmes qui y carnetdemeurent. Quel touriste prendrait le métro pour aller flâner à Bagnolet ? ”, s’interroge Simon, l’un des vingt plasticiens oeuvriers de “ Banlieue nomade ” paru aux éditions Alternatives.“ C’est précisément ce manque de faveurs qui nous y a conduits : mal vue, la banlieue, car ni vue ni connue… ”, poursuit le carnettiste. Comme les autres, orfèvres du crayon et de la couleur, il était surtout habitué à courir le monde pour en rapporter moult images de voyage. Avec leur association “ Les carnettistes tribulants ”, ils ont eu envie d’aller défricher du bout de leur pinceau cet ailleurs si proche : ces villes qui vivent, aiment et bougent de l’autre côté du périph !

Aubervilliers, Clichy, Gentilly, Montreuil, Pantin, Vincennes… Ce sont pas moins de vingt-deux communes de la “ petite ceinture ” qui nous sont ici racontées de manière carnet2originale. À travers collages, dessins, aquarelles, tags… Trois années de travail, patient et enthousiaste, pour nous révéler le cœur de chacune de ces villes sous un autre jour, nous les donner à voir sous des aspects méconnus : ainsi la “ Cité bleue ” de Montreuil rue Garibaldi, le “ Café Crème ” de Gentilly à l’angle de la rue Lefebvre, le “ Bronze de Louise Michel ” au parc de la Planchette de Levallois-Perret, quelques “ Tranches de vie ” sur la place du marché de Malakoff. L’ouvrage resplendit de couleurs, de beauté, de lumière et de poésie, à tourner les pages une conviction s’impose au lecteur qui en douterait encore : belle est la banlieue quand un regard beau et neuf, loin des stéréotypes et des clichés, prend le temps de la regarder.

Venant d’horizons professionnels divers (bande dessinée, livre pour enfants, peinture, chanson ou littérature), les vingt auteurs, “ tous gravement atteints par le carnet1virus du voyage ”, se sont rencontrés, et appréciés, lors de la Biennale du Carnet de voyage de Clermont-Ferrand puis au Festival “ Carnets d’ici et d’ailleurs ” de Brest. Pour fonder en 2003 leur association et lancer leur premier chantier d’exploration, la banlieue, hors des sentiers battus. Et signer leur première œuvre collective, à valeur de manifeste : le grand voyage s’offre en pied de porte, nul besoin de passeport ! Yonnel Liégeois

Banlieue nomade aux Éditions Alternatives ( 208 p., 230 illustrations, 30€).

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Classé dans Documents, essais, Sur le pavé

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