Quand chanter rime avec convivialité

Le 15 novembre, rue Pajol, la chanson sera à l’honneur sur les planches de l’Auberge de jeunesse du 18ème arrondissement de Paris. Sous l’égide du GIPAA* et de la CNL*, un groupe de chanteurs fait son récital sur le thème de « La ville en chanson ». Comme chaque année, un spectacle de qualité dans une ambiance conviviale.

 

 

Tout commence en 2008 dans une brasserie du quartier de la Chapelle, cette année-là où le GIPAA organise son premier spectacle dans la tradition des cafés 11254798946_08dc71c1d6_qthéâtres. Concert puis restauration sur place. Véronique Besançon présente son tour de chant, composé pour l’essentiel de ses propres créations. Une première qui enchante le public et les militants de l’association, à tel point qu’une évidence s’impose immédiatement : Il faut récidiver, monter un autre spectacle !

Tout s’enclenche alors rapidement. Une association de quartier, proche de la Porte de la Chapelle, prête sa salle pour accueillir le concert suivant. D’autres amoureux de la chanson française se proposent d’accompagner Véronique, les militants de la CNL popularisent l’initiative. Depuis lors, chaque année des spectacles sont présentés aux adhérents du GIPAA et aux habitants du quartier. Des concerts à thème où une douzaine de chanteuses, chanteurs et musiciens, interprètent leurs morceaux favoris. Ainsi se succèdent, au fil des représentations, les soirées consacrées à la Commune de Paris, à Brassens et Ferrat, à la chanson contestataire autant qu’à la chanson humoristique. Il suffit de faire défiler la liste des thèmes proposés pour comprendre qu’une certaine sensibilité sociale se dégage du groupe. « Dans le sigle GIPAA, c’est le « P » de progressiste qui m’importe le plus », affirme Dominique Gueury. Quant à Sabine Belloc, elle avoue y retrouver surtout « une utopie de jeunesse ».
Pour autant, les liens qui unissent le groupe ne reposent pas sur une action politique à proprement parler. Ils se sont rencontrés, soit par la participation à des activités culturelles du GIPAA, soit par relations amicales. Il s’agit avant tout de développer le sens du partage. Des non ou mal voyants sont accompagnés par des voyants pour faciliter l’accès à un certain nombre de loisirs. La dimension humaine prime donc 15503732059_178cf2f232_qpour tous. D’abord entre les artistes. Les répétitions sont toujours vécues comme un moment fraternel. D’ailleurs, la plupart se côtoie en dehors de la préparation des spectacles. Ensuite, entre la troupe et le public. Les représentations sont systématiquement suivies par un repas. Spectacle et dîner forment un tout indissociable. Tous s’accordent à dire que la convivialité est déterminante dans leur engagement. Christophe Menez y voit même un sujet de réconfort personnel. « La montée de l’individualisme, des idées d’exclusion, du racisme est effrayante. C’est rassurant de constater qu’il existe encore des lieux ou la fraternité est bien réelle. »

Alors donc, avec le GIPAA et la CNL, côté cour et côté jardin, public ou accros du micro, tous chantent pour mettre en mots et musique une certaine idée des relations humaines. Ce qui ne conduit pas à mettre au second plan la qualité des prestations des uns et des autres. Bien au contraire. Si les interprètes se produisent bénévolement, ils se comportent en professionnels. Aux côtés de ceux qui se produisent toujours en « amateur », d’aucuns ont une solide expérience. Sabine Belloc fut intermittente du spectacle pendant dix ans, elle a présenté des spectacles consacrés notamment à Bobby Lapointe. Philippe Hutet a fait partie d’une troupe de théâtre et chanté du Boris Vian en public. Christophe Menez a enregistré un disque 11254482635_3f0a8297d2_qreprenant des titres de Brel et Ferrat, entre autres. Dominique Gueury vit de son art, actuellement elle présente son tour de chant à Paris. Toutes et tous ont la volonté, et le talent, de présenter un spectacle de haute qualité.
En 2013, à la sortie de la représentation dédiée à la chanson humoristique, le public se réjouissait d’avoir assisté à un très beau spectacle avec vidéos projetées sur grand écran. Tout comme les pros d’ailleurs puisque, pour la première fois, le théâtre de la Reine Blanche accueillait la troupe. Cette année, c’est sur la toute nouvelle et très belle scène des Auberges de Jeunesse qu’elle pose micros, voix et instruments. L’établissement disposant d’un restaurant à quelques pas de la salle, le passage de la première à la deuxième partie des réjouissances devient à son tour une partie de plaisirs ! Ambiance festive garantie, pour le plus grand bonheur de tous. Philippe Gitton

*Le Groupement pour une information progressiste des aveugles et amblyopes, GIPAA.
*La Confédération nationale du logement, CNL. Il s’agit de l’amicale des locataires d’une cité de la rue Raymond Queneau, proche de la Porte de la Chapelle. C’est là que se situe la salle où furent donnés les premiers concerts.
Le spectacle a lieu à partir de 16h. Salle de spectacle de l’Auberge de Jeunesse de Paris, 20 Esplanade Nathalie Sarraute, 75018 Paris. Une participation de 5 € est demandée pour couvrir les frais de location.

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Classé dans Musique et chanson, Sur le pavé

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