L’une chante, l’autre aussi…

L’une et l’autre chantent ! Depuis une dizaine d’années, Véronique Besançon et Dominique Gueury, amoureuses de la chanson à texte, se produisent dans les cafés parisiens. Avec enthousiasme et talent… Un parcours original dans l’univers du spectacle vivant, un engagement social aussi mené parfois en commun.

 

 

 

Paris, novembre 2014, le concert s’achève, Dominique Gueury et Véronique Besançon saluent le public. À leurs côtés, bras dessus – bras dessous, les chanteuses et chanteurs au récital organisé par leurs amis du GIPAA et de la CNL064Depuis quatre ans, Dom et Véro participent à ce rendez-vous annuel. La raison ? Offrir des tours de chants aux locataires d’une cité HLM du 18ème arrondissement de Paris et aux adhérents d’une association dont le but est de fournir une information progressiste aux aveugles et malvoyants. À chaque année, un thème différent : hommage à Brassens ou à Ferrat, chanson contestataire ou humoristique ! Pour l’une comme pour l’autre, c’est un moment privilégié de leur vie d’artistes et citoyennes, de leur engagement humaniste. Une nécessité absolue de partager des valeurs de progrès, des moments de fraternité incontournables. Histoire de conjuguer esprit rebelle, amitié et amour de la chanson.

Le goût pour le chant, Véronique en est imprégnée depuis sa tendre enfance. « Dès l’âge de quatre ans, je voulais devenir chanteuse », confie-t-elle. « J’aimais la variété. Plus tard, à l’adolescence, j’ai découvert ce qu’on appelle la chanson à texte : Anne Sylvestre, Maxime Le Forestier, Georges Moustaki … ». Ranelagh 17Le désir d’en faire son métier est bien là, mais inavouable. « Pour mes parents, ce n’était pas un projet concevable. Je n’ai pas osé les affronter ! » Véronique suivra des études de médecine. Pour Dominique, ce sera le secrétariat. Mais elle abandonne cette branche. « Je me suis rendue compte que je n’étais pas faite pour ça ». Dès lors, elle multiplie les petits boulots. À 30 ans, elle s’inscrit à l’université pour étudier les langues, le Norvégien et le Finnois plus précisément. Pour le plaisir de connaître plus que par objectif économique… C’est au début des années 2000 que musique et chanson s’imposent dans son existence. Il suffira d’un repas d’anniversaire. Avec quelques amis, elle entonne plusieurs chansons. La prestation est suffisamment réussie pour lui donner l’idée de recommencer lors de la Fête de la musique. Une chorale, huit chanteuses et chanteurs – trois musiciens, est ainsi constituée !

Nous sommes en 2005, cela fait déjà deux ans que Véronique est allé à la rencontre du public. En juillet 2003, fortement encouragée par son professeur de chant, elle se jette dans le grand bain. « Jusque-là, j’interprétais des chansons dans le cadre des spectacles de l’école. Je suis inscrite à l’École du Spectacle Musical, l’ESM, depuis 2000 ». Elle se produit dans plusieurs cafés parisiens (La Passerelle, le Soleil de la Butte à Montmartre…), elle chante aussi à La Vieille Grille. Son répertoire se compose de reprises, d’Anne Sylvestre à Brassens en passant par Jeanne Moreau. Elle multiplie les contacts : rencontres de musiciens, stages, écoles de musique, notamment au centre Roy Hart qui enseigne aux stagiaires l’exploration de leur propre voix. Un apprentissage déterminant pour Véronique : elle y puise confiance en elle-même et découverte d’un potentiel vocal insoupçonné. Au fil de ses pérégrinations, elle fait la connaissance de Louis-Marie, comédien, musicien et chanteur. Qui la convainc de présenter ses propres chansons ! Une écriture vive et énergique où humour et gravité se marient pour parler d’amour, des petits plaisirs de la vie mais aussi de la bêtise des idées réactionnaires, des inégalités sociales. Des textes, une interprétation souvent truculente qui ne sont pas sans rappeler le style d’Agnès Bihl.
DSCF0603Comme Véronique, Dominique est auteure. Des textes qui relèvent plus de la chanson réaliste, plus ancrés dans la misère sociale, le chômage. Dès la création de la chorale, l’une de ses compositions est intégrée au tour de chant. Des chansons « engagées », présentées notamment à la Maison des Métallos de Paris ou à la CNT, le syndicat anarchiste… Au programme, la Carmagnole côtoie des chants de la Commune et des titres comme « Lili » de Pierre Perret. Le groupe se produit pendant trois ans, ensuite Dominique fonde la compagnie Dariachante. Contrairement à ses complices, elle aspire à se professionnaliser. Son souhait ? Se recentrer sur un duo… « J’étais à la recherche d’un travail véritablement interactif, j’aspirai à un dialogue avec un accordéoniste. Mais pas n’importe lequel : je ne voulais faire ni du bal musette ni de la chanson vieille France réactionnaire ! »

Au cours de cette première décennie des années 2000, Dominique et Véronique accumulent de l’expérience. Elles cherchent à se faire connaître. Chacune suit sa route. Dominique décide de se consacrer entièrement à la chanson, Véronique mène de front activité artistique et vie professionnelle. Des situations différentes mais des difficultés communes : décrocher un contrat, rencontrer des gens qui comptent, passer dans un festival, obtenir une audition… 15798006102_8776dce9d3_bÀ défaut, elles se produisent dans les bars avec le chapeau pour seule rémunération. Pratique peu efficace pour l’obtention du statut d’intermittente du spectacle après lequel court Dominique. Elle s’interroge sur les moyens à mettre en œuvre. « Je n’ai pas de démo. C’est pénalisant, car c’est devenu indispensable. Las, pour une maquette de qualité, il faut y mettre les moyens ». La concurrence est rude, les professionnels sans pitié. Véronique le confirme. « Vous n’avez pas de CD ? » lui répond un jour une animatrice de France Culture. « Si vous n’êtes pas en mesure d’en réaliser un, c’est que vous manquez de détermination ». Lorsque l’on se fait recevoir de cette façon, il y a de quoi désespérer… Alors, la chanson et son univers impitoyable ? En tout les cas, poursuivant cependant son chemin sans espoir de vivre un jour de son art, Véronique a renoncé à s’y frotter.

En 2010, elle croise Dominique au Centre de la Chanson. Les deux femmes sympathisent, assistent mutuellement à leurs concerts. Avec Michel, son désormais fidèle accordéoniste, Dominique présente « La vie des moches », un spectacle dans la pure tradition de la chanson réaliste. S’y côtoient compositions personnelles et reprises : Fréhel, Ferrat, Gaston Couté, etc… Couté qui est aussi au répertoire de Véronique, consacrant d’ailleurs un tour de chant à ce poète libertaire de la fin du 19ème siècle.
15796418935_559de5f594_bChacune à leur façon, Dominique Gueury et Véronique Besançon poursuivent leur chemin qui les mènera de nouveau en novembre 2015 à l’Auberge de Jeunesse de la rue Pajol, à Paris. Pour participer au concert du GIPAA, organisé cette année sur le thème du travail. De quoi leur permettre de porter sur scène, une fois encore, sensibilité sociale et divertissement. Philippe Gitton

– Véronique Besançon en concert le 14/03 à 21h30, au Connétable (55 Rue des Archives, 75003 Paris. Entrée libre, réservation recommandée : 06.85.42.45.62/06.76.71.59.24 – verobesancon@gmail.com
– Dominique Gueury en concert le 28/03 à 20h, au bar « Le Vin et un » (21 Rue du Transvaal, Paris XXème, M° Pyrénées et Jourdain).

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Classé dans Musique et chanson, Sur le pavé

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