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Mai 68 : Jacques Aubert, que s’est-il vraiment passé ?

En ce cinquantième anniversaire des événements du mois de mai 1968, fleurissent sur les écrans et dans les librairies moult documents et témoignages. Pour encenser ou disqualifier la révolte citoyenne, étudiante et ouvrière, qui embrasa la France durant plusieurs semaines… Un dossier chaud que Chantiers de culture revisite en laissant la parole, au fil des semaines, à divers acteurs ou personnalités emblématiques qui font retour sur ces temps troublés.

Que s’est-il vraiment passé en Mai 68 ? C’est un peu tiré par les cheveux, mais je peux vous en parler savamment. À l’époque, je tenais un salon de coiffure sur le Boulevard Saint-Germain. En fait, tout a commencé avec l’invention de l’effilage au rasoir qui eut pour effet une augmentation du prix de la coupe de cheveux. Ce qui entraîna une désertification des salons de coiffure, ce qui eut pour conséquence une augmentation de la longueur des cheveux des plus démunis, et en premier lieu des jeunes, qu’ils fussent étudiants ou pas.

Les ouvriers, en ces temps-là, propres sur eux et cravatés, ne cédèrent pas à cette tentation. Voulant rester les oreilles dégagées, ils réclamèrent que les employeurs prissent en compte l’augmentation du merlan*. Le patronat s’y refusa, arguant qu’il ne pouvait être tenu responsable du dynamisme capillaire de la classe ouvrière. Une réponse qui engendra un certain mécontentement chez les salariés de tout poil. Chez les étudiants aussi, la grogne allait crescendo. Les loustics ne comprenaient pas qu’on leur interdise le dortoir des filles, vu qu’eux-aussi avaient besoin du peigne démêlant pour leur tignasse. Si certains recteurs allèrent jusqu’à dire qu’il s’agissait là d’un prétexte, la suite ne tarda pas à démontrer qu’ils se mettaient le bigoudi dans l’œil. De Gaulle, qui présidait la France depuis une dizaine d’années et qui était chauve, ne comprit pas la nature du conflit et au lieu d’envoyer les tondeuses, il déploya ses CRS. Qui, la tête trop près du casque, ne trouvèrent rien de mieux que d’empoigner les jeunes par les cheveux pour leur crêper le chignon !

Les ouvriers, c’est congénital, dès qu’il voit un cogne taper sur quelqu’un, fusse-t-il jeune, instruit et velu, ça les défrise ! Bientôt, au comble de la protestation, les étudiants cabossés refusèrent d’aller en cours et les prolos, mécontents et colériques, n’allèrent plus travailler non plus. De Gaulle, dans l’espoir de mater tout ça, mit son képi sur sa tête et s’en alla voir le Général Massu qui, bien qu’il ait lui-aussi la boule à zéro, possédait quelques chars. La tentation fut grande d’envoyer deux trois obus sur les gueux, mais vu qu’il ne sortait plus rien des usines et que si l’on massacrait les prolos, il n’en sortirait pas d’avantages, le patronat préféra négocier. C’est Georges Pompidou, un moins chauve que les autres et Premier ministre, qui s’en chargea. À Grenelle, ce fut « Je te tiens, tu me tiens par la barbichette ».

La broussaille sourcilleuse d’un Pompidou n’empêcha point Jojo, Séguy le syndicaliste tout rougeaud qu’il était, de frisoter de la tonsure sur un avenir meilleur et il fallut lui céder du terrain. Entre autres choses, il obtint l’augmentation de la prime de coiffure pour tous et les étudiants, même mal coiffés, furent autorisés à tenir les filles par la main. C’est alors que De Gaulle eut du cran ! Rappelant qu’à la Libération lui-aussi avait eu la raie sur le côté, il demanda aux gens s’ils l’aimaient encore. Il se trouva une majorité, dont les cheveux s’étaient dressés sur la tête à la vue des barricades, pour dire que oui, au fond, oui, ils l’aimaient encore et ce fut la fin de 68. À partir de là, chacun eut les cheveux qu’il voulait et la maison L’Oréal, qui fabriquait des shampoings, devint la plus riche entreprise du monde. Jacques Aubert

*À la grande époque des perruques, les coiffeurs qu’on appelait « perruquiers » devaient poudrer les dites perruques pour en masquer la crasse (on n’utilisait pas d’eau pour ne pas décranter la perruque). Les coiffeurs vaporisaient abondamment la poudre sur le client qui se masquait le visage avec une sorte de cornet en papier. Résultat ? Le coiffeur se retrouvait tout « enfariné ». Comme les petits poissons prêts à frire, les fameux merlans !

 

68, année érotique

Tel est le titre du documentaire de Claude Ardid et Philippe Lagnier, diffusé le 25/05 à 22h25 sur France 3 ! Avec le plaisir d’y découvrir la contribution de notre ami Jacques Aubert : « J’y fais une apparition mais je ne sais si c’est pour mes connaissances sur le sujet ou, justement, pour mon absence de connaissances… En fait, je ne sais rien et pour moi aussi, ce sera la surprise. Si je fus filmé et interviewé longuement, chez moi et à la fête de l’Huma, j’ignore ce qu’au montage le réalisateur a décidé de garder. Et, surtout, ce qu’il a bien voulu retenir de tout ce que j’ai raconté… ! ».

En tout cas, l’affiche s’annonce alléchante à la lecture de la présentation qu’en fait la chaine publique. « Une autre révolution a eu lieu en 68 : celle des mœurs. Virginité, fidélité, mariage : les tabous d’après-guerre sont bousculés. Les slogans politiques ont été oubliés, mais l’émancipation sexuelle est restée. Des Français anonymes racontent leur « année 68 ». Ils étaient étudiants, lycéens ou déjà dans la vie active. Leurs témoignages se mêlent aux archives pour restituer l’ambiance de l’époque. Une belle rétrospective, riche en témoignages souvent drôles, parfois bouleversants, qui permet de réaliser le chemin parcouru jusqu’à aujourd’hui et les combats menés. Des récits relatés avec une grande liberté de parole et de nombreuses images d’archives transportent le téléspectateur au cœur de cette époque fascinante ». Cul nu ou pas, seul(e) ou à plusieurs, squattons divans et canapés pour mater la petite lucarne ! Et gageons que 2018 s’affiche aussi comme un bon cru érotique, envers et contre Jupiter… Yonnel Liégeois

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Mes parents, quels farceurs !

Tout a commencé avec la soupe, « si t’en manges pas, tu grandiras pas ! ». Ce n’était même pas vrai ! J’en ai mangé de la soupe et je n’en suis pas plus grand pour autant. Après, ce fut le père Noël, « si t’es pas sage, il ne viendra pas ! ». Alors, je me tenais à carreau : le chariot, les rennes, la cheminée (même qu’on n’en avait pas dans notre HLM), moi j’y croyais.

Denise Foucard, 1923-2018

C’était une blague !

 

« T’es le plus beau bébé du monde », qu’elle disait ma maman, et elle n’arrêtait pas d’être enceinte… À quoi ça pouvait bien servir cette ribambelle de petits frères, puisque c’était moi le plus beau ? Puis ce fut l’histoire de la classe ouvrière. Mon père, droit comme un I, l’affirmait haut et fort : « c’est la seule classe révolutionnaire ! Sans les prolos, pas de changement possible ! »

Et bing, une taloche à chaque mauvaise note que je ramenai de l’école. Ce qui arrivait souvent…

– Cancre, bon à rien ! Continue comme çà et tu finiras à l’usine !

– Mais papa, je veux devenir ouvrier… Et bing !

–  Passe ton bac d’abord !

 

Le plus drôle, c’est quand mes parents me firent croire que le monde allait vers le progrès, quand ils m’ont dit que la religion était une pratique moyenâgeuse en cours d’extinction, que la dernière guerre avait eu lieu juste avant ma naissance, et qu’on n’était pas prêt d’en connaître une nouvelle. Plus fort encore, quand ils m’ont dit que les pays socialistes allaient bientôt dépasser les pays capitalistes, que la pauvreté et la faim allaient disparaître, et que même un jour il n’y aurait plus de patrons. Moi, j’ai tout gobé. Quel gros benêt j’étais, c’est sûr que j’aurai dû me méfier.

Quand le voisin du dessous est parti en Algérie, même qu’il ne voulait pas, j’aurai dû comprendre que la dernière guerre, ce n’était pas la dernière. Quand Papa nous a emmenés faire cette manif au métro Charonne, j’aurai dû piger que la charge de la brigade légère par les CRS, ce n’était pas du cinéma.

 

Mais j’ai rien compris ! Et quand 68 est arrivé, c’était tellement beau que j’étais persuadé que ça allait durer et qu’on marchait vers le socialisme. Tu parles ! Le socialisme, je l’ai vu plus tard chez les camarades de Moscou, il avait une drôle de tête.

Depuis, les guerres il y en a eu, il y en a toujours et rien ne nous garantit que la prochaine ne soit pas en préparation. La faim ? Ce sont des milliers d’enfants qui en meurent chaque année. La pauvreté ? Elle est partout dans nos rues. Les chômeurs se comptent par milliers, et tout le monde ne peut pas se loger. Le pape est bien portant et je croise chaque jour des jeunes filles voilées. Quant à la marche en avant du progrès social, rien que la charge contre le Code du travail et les services publics, ou bien la retraite à 67 ans, m’en ferait douter…

 

Alors, un jour, je lui ai demandé à ma mère : « Maman, pourquoi vous ne me l’avez pas dit plus tôt que c’était des blagues ? »

– « Quelles blagues ? », elle a dit maman

Et là, j’en suis tombé par terre. Elle y croyait vraiment, ma mère. Elle non plus ne savait pas que c’était pour rire… « T’es sûr ? », qu’elle m’a dit. « Y avait rien de vrai ? Même pas un petit peu ? Pourtant, c’est mon père à moi qui m’a appris tout çà ». Je suis un bon fils, je ne veux pas lui faire de peine à ma maman. Alors, je me suis tu.

 

Et quand ma fille est entrée dans la pièce avec son tract à la main et qu’elle m’a dit :

– « Papa, on y va à la manif de mardi ? »

– « Oui chérie, bien sûr qu’on y va et même qu’on va gagner… On va gagner, on va gagner ! Jacques Aubert

 

En hommage à Denise Foucard, la maman de notre ami contributeur Jacques et sœur de Georges Séguy (secrétaire général de la CGT, de 1967 à 1982), qui vient de s’éteindre à l’âge de 94 ans. Grande résistante, infatigable militante syndicale et politique, de tous les combats jusqu’à son dernier souffle. Un hommage solennel  lui sera rendu le lundi 09/04 à 10H au Cimetière ancien de Champigny-sur-Marne (94). Yonnel Liégeois

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Plainte pour disparition alarmante

Ce matin, je me lève, je n’avais plus de zizi !

Je cherche, je tâte, je regarde dans la glace : rien ! Je demande à Jeanine. Elle me dit que ce n’est pas elle et que, d’ailleurs, ça fait un bon bout de temps qu’elle ne l’a pas vu. Je cherche dans mes pantalons, des fois que… Rien !

Je m’habille en vitesse, je sors, je croise la concierge, elle rigole. « Si vous croyez que j’ai le temps de m’occuper des zizis de l’immeuble ! J’ai bien assez de travail comme ça avec les crottes de chien ». Sur le trottoir, j’avise une jeune femme de mes connaissances, je lui en parle. « Tant mieux », qu’elle me dit, « ça nous fera des vacances ! ». Je n’en crois pas mes oreilles. Je vais au Zizistore, c’est comme pour le beurre, ils sont en rupture de stock. Il parait que les chinois achètent les zizis au kilomètre. Je file à la zizithéque municipale : fermée définitivement, faute de crédit. Je vais aux Zizis trouvés : « Sûr qu’on en a, mais le vôtre, il ressemble à quoi ? Nous, on ne vous donnera rien sans dépôt de plainte avec description de l’original ».

Je me rends au commissariat de police. « Bonjour, je viens parce que j’ai perdu mon zizi ». Je ne vous raconte pas l’accueil, tout le monde s’en fout, et ils rigolent ! « Z’aviez qu’à pas le mettre n’importe où », à les en croire, c’était de ma faute. « Il ne serait pas parti en Syrie, des fois ? Sans compter que si on le retrouve et qu’il est mal garé, l’amende va être salée ». J’étais outré ! Enfin, une policière au sourire en berne veut bien prendre ma plainte. « Bon alors je vous écoute, c’est quoi le problème et pourquoi que vous le voulez, ce zizi ? ». Alors je lui explique que, outre la technique urinaire, c’est important socialement, psychologiquement, … « Ah bon ! Parce que moi qui n’en aie pas, vous trouvez que ça me manque ? ». « J’ai pas dit ça », je lui réponds… « Vous trouvez peut-être que je suis moins bien lotie que vous ? ». « Mais non, je vous assure ». En fait, j’ai bien vite compris que j’étais impuissant à me faire entendre.

Alors, je suis sorti et de guerre lasse, je suis rentré chez moi. En poussant la porte, j’ai dit : « Jeanine c’est moi, pour le zizi j’ai rien trouvé mais parait que c’est pas si grave. Jeanine, Jeanine ? » Jeanine… Merde, elle était partie. Jacques Aubert

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Un autoradio ou un grille-pain ?

Je me demande si je ne ferais pas mieux de remplacer mon autoradio par un grille-pain, ou toute autre chose d’utile !

Hier, alors que je circulais dans la campagne, j’allume ce foutu poste. Aussitôt, une voix suave m’explique que l’EPR va pouvoir fonctionner : si la cuve où se fait la fission n’est pas en bon état, si le fond laisse à désirer et que le couvercle est pourri, les côtés, eux, sont intacts ! D’ailleurs, on vient de commander un nouveau couvercle au Japon. Comme chacun le sait, ce pays est au top en matière de sûreté nucléaire.

Ensuite, le poste m’explique qu’après vingt et un ans de procédure, la justice a décidé de ne pas poursuivre les responsables des usines où des salariés sont morts à cause de l’amiante. C’est sûr, dans un pays où il y a plusieurs millions de chômeurs, tout tueur d’actif doit être considéré comme un bienfaiteur. Dès fois que le couvercle de l’EPR viendrait à péter, il vaut mieux que la jurisprudence prenne les devants…

Là-dessus, on me raconte que le parquet vient de faire appel de la décision de ne pas infliger de peine à une brave femme qui, par amour, avait aidé un migrant à rejoindre l’Angleterre. Et de préciser qu’en plus la traitresse était veuve de flic : mort et cocu, quel drame ! Ceci dit, pas la peine de nous demander si les gens de l’EPR ou de l’amiante étaient des enfants de salauds, on avait compris. Moralité : mieux vaut aimer les profits que les migrants !

Dernière information, avant que la voix suave ne laisse la place à de la musique tambourinante : on serait en passe de retrouver l’assassin de Donald Trump et le petit Grégory serait invité au prochain défilé du 14 juillet. Là, il est possible que j’aie mal entendu. Jacques Aubert

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La rentrée des classes

Lundi matin, j’ai fait la rentrée des classes, si ! si ! Bien sûr, pas à côté de chez moi, non, tout le monde me connait, ils n’auraient pas voulu.
Alors, j’suis allé à Forbach, comme ça, au hasard. J’avais acheté un cartable tout neuf et à 8h30, j’étais devant l’école. Quand tous les élèves furent rentrés et le dernier parent disparu, la directrice est venue me voir.
– « Vous attendez quelque chose, Monsieur ? ». Faut dire, j’avais mis mon grand imper, c’est pas discret.
– « Oui Madame, j’voudrais rentrer en CP ».
– « Mais ce n’est pas possible, Monsieur, vous n’avez plus l’âge ».
– « Je sais Madame, mais figurez-vous que j’ai tout oublié. Je ne sais plus ni lire, ni compter, ni écrire. Je confonds ma droite et ma gauche, dans les manifs je trouve toujours plus de participants que le chiffre du ministère. Je ne comprends pas que les licenciements aident à créer des emplois, ni que moins de fonctionnaires égale plus de service public. Et, pour tout vous dire, aux dernières élections j’ai voté Hamon à la présidentielle et Communiste aux législatives ». Là, la directrice a changé de couleur.
– « Je vois, Monsieur, il y a comme qui dirait, une urgence. Ça tombe bien parce que ce matin on a dédoublé les CP et il reste justement une place dans la classe de Madame Martin ».

J’étais drôlement content parce que Mme Martin, elle a l’air super gentille, et puis pas étonnée du tout de me voir. Faut dire qu’elle-aussi, elle débute. Instit, c’était pas sa vocation, c’est juste parce que sinon elle était au chômage. En fait, elle a fait des études de zoologie puis elle s’est spécialisée dans la recherche sur les plantigrades. Alors, elle était pas fâchée que je sois dans sa classe.
Comme j’ai eu pas mal de difficultés pour m’asseoir sur le petit pupitre, les autres gosses, ils se sont moqués de moi. Alors, la maitresse elle les a grondés.
Mais à ce moment-là, la porte s’est ouverte et on a vu rentrer le Président de la République. Et hop ! En un bond, il était sur l’estrade.
– « Alors, ça va bien les petits enfants ? »
– « Oui ! », qu’on a tous crié.
– « Contents d’être là ? »
– « Oui ! Oui ! »
– « Regardez ce que je vous ai amené. Qui c’est, ce monsieur en costume ? C’est le Ministre ! Et cette dame, c’est la secrétaire d’État et cet autre Monsieur avec sa belle casquette, c’est le Préfet ! Alors, vous êtes contents de les voir ? »
– « Oui ! Oui ! Oui !», qu’ils ont dit les enfants. En vérité, ils étaient un peu déçus, ils auraient préféré les clowns Trump et Kim Jong-Un.

Et puis, le Président a fait la bise à tout le monde. Arrivé à ma hauteur, il a semblé surpris.
– « Et qui c’est, celui-là ? ». La directrice s’est penchée vers lui, « en fait, Monsieur le Président, il est de gauche, alors j’ai cru bien faire ».
– « Mais c’est une excellente initiative, n’est-ce pas M. le Ministre ? Tous ces ignares qui ne comprennent pas que c’est la branche qui écrase l’entreprise et pas le contraire et que le petit oiseau de la CSG va bientôt sortir, si on les renvoyait se faire rééduquer, hein ? ».
– « Certes, Monsieur le Président, mais déjà qu’on a n’a pas embauché de profs pour les CP dédoublés. Pensez, des milliers d’élèves en plus, on peut pas ! ».
Du coup, sous prétexte que j’ai écrabouillé la chaise, demain je passe en CM2. Lundi, je suis au collège, je suis dispensé du stage en entreprise et je file direct à Pôle emploi, sans même devoir passer le Bac. Mardi, je me retrouve à la retraite, mais pas la même, vu qu’entre temps le p’tit oiseau de la CSG sera sorti m’en prendre un bout.  Dommage, j’l’aimais bien, Madame Martin !

Cela dit, ça tombe bien que je sois libre mardi. Parce que y-a manif, j’aurais le temps d’y aller. Jacques Aubert

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